2025 : 150e anniversaire de la naissance de Maurice Ravel

En 2025, la France célèbre Maurice Ravel, compositeur prolifique dont la création musicale enjambe énergiquement le tournant du XIXe et du XXe siècles.

en bref

  • Compositeur français
  • Né en 1875, mort en 1937
  • Son œuvre la plus célèbre et le Boléro, composé en 1928.

 

Étrange et flamboyant

Le jeune Maurice Ravel montre très jeune de grandes dispositions pour la musique, et ses parents s’attachent à lui fournir les meilleurs maîtres pour développer ses talents. C’est dans ce milieu artistique et musical que Ravel constitue un groupe d’amis très proches qu’il surnomme les “Apaches”.

Son œuvre est à la fois influencée par de grands compositeurs classiques (Couperin, Rameau et Mozart) et par des rythmes modernes comme le jazz. Parmi ses 111 œuvres, la plus connue reste aujourd’hui le Boléro, où s’entend clairement son attirance pour les sonorités espagnoles.

Ravel s’est essayé avec un talent égal à tous les styles musicaux : œuvres pour piano, musique de chambre, œuvres pour orchestres, ballets, opéras. Il a excellé dans l’art de l’orchestration, de ses propres œuvres comme de celles d’autres compositeurs.

 

L’Enfant et les Sortilèges

Ravel et Colette se rencontrent pour la première fois en 1900, et leur premier contact est très froid, malgré l’admiration réciproque qu’ils se portent. Aussi, quand, 14 ans plus tard, Jacques Rouché, le directeur de l’Opéra de Paris, propose de les réunir sur un projet, Colette est-elle enthousiaste. Elle écrit en moins d’une semaine la fantaisie lyrique commandée par Rouché, qui confie le livret à Ravel pour la mise en musique. Hélas, la guerre et la mort de sa mère laissent le compositeur totalement abattu. Il met plus de 10 ans à honorer la commande : L’Enfant et les Sortilèges ne voit le jour qu’en 1925. L’œuvre est rarement jouée, tant la mise en scène et les costumes sont difficiles à créer, mais elle est souvent produite sous forme orchestrale.

« Que penseriez-vous de la tasse et de la théière, en vieux Wedgwood noir, chantant un ragtime ? » (Lettre de Ravel à Colette, 1919)

L’Enfant et les Sortilèges met en scène les sentiments contradictoires d’un jeune enfant puni par sa mère. Colère, solitude, peur, remord, affection : chaque mouvement de l’âme de l’enfant fait surgir un tableau imaginaire où les éléments familiers du décor s’animent et traduisent ses émotions. Colette donne corps, dans ses dialogues pleins d’invention, à cette imagination débridée de l’enfant. Ravel soutient cette fantaisie dans sa partition, parsemée de « surprises musicales ». Ainsi, l’orchestre classique est augmenté d’une flûte à coulisse, mais aussi d’un fouet, d’une crécelle et d’une râpe à fromage !

Chacun des sortilèges donne lieu à un pastiche de style musical : les fauteuils dansent un menuet, les chiffres s’agitent sur un rythme de polka tandis que la tasse et sa théière entonnent un ragtime musclé.

Une œuvre méconnue de Ravel, à redécouvrir en cette année de célébration : la rencontre de l’enfant avec l’arithmétique réveillera-t-elle en vous l’angoisse des tables de multiplication ?  ÉCOUTER CE MORCEAU

N°54. Ballet – Colette

Colette, l’Enfant et les Sortilèges
Illustrations : Eric Puybaret

Puni par sa maman pour avoir rêvassé au lieu de finir ses devoirs, l’Enfant entre dans une colère noire. Il s’emporte, casse tout, terrorise le chat, déchire ses livres… Mais les objets décident de se venger et l’Enfant se retrouve, ébahi, au centre d’un étrange ballet.
En plus dans ce numéro : un dossier sur le ballet et l’opéra, une recette de gâteau de ballerines, un théâtre d’ombres à créer, des jeux et un conte musical.

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